Méthodologie de l’étude
L’Observatoire a pour objectif d'analyser les tendances d’innovation dans les secteurs des transports et de la mobilité en France, en s’appuyant sur les levées de fonds de l'écosystème startup.​ Il analyse ainsi les levées de fonds des startups françaises des transports et de la mobilité entre 2015 et 2024.

  • Deux périmètres étudiés :
    • Segment des transports (circulation des personnes et des marchandises, sur terre, en mer ou dans les airs)
    • Périmètre restreint à la mobilité du quotidien et aux services automobiles
  • Principles sources :
    • Base Dealroom.co (données au 4 mars 2024)
    • Analyses MOBILIANS, Via ID et Roland Berger
    • Questionnaire (90+ réponses) et interviews d’experts (20+)
  • Données traitées :
    • 1 055 levées de fonds analysées dans le secteur des transports (comprenant 350 levées “dans” la mobilité)
    • Interprétation par MOBILIANS, Via ID et Roland Berger

 

Chiffres clés :
 

  • 1,2 milliard d’euros levés en 2024 dans le secteur des transports : un niveau inférieur à 2022 et 2023 (deux années record) mais supérieur à celui de 2019, 2020 et 2021, attestant d’une tendance long-terme positive.
  • Les transports sont restés, en 2024, dans le TOP 5 des secteurs les plus financés en France.
  • 57 % des investissements se sont concentrés en Île-de-France en 2024.
  • Le segment de la distribution d’énergie a confirmé sa résilience.
  • La France a conforté sa place de deuxième écosystème européen des transports : elle est restée devant l'Allemagne et derrière le Royaume-Uni, toujours leader.
  • Le secteur de la mobilité a mieux résisté que celui des transports : les montants levés ont légèrement augmenté en valeur (+ 6 %), malgré une baisse du nombre de transactions. Le secteur a été porté par plusieurs levées exceptionnelles en late stage.

 

Une correction attendue, après deux années exceptionnelles

Après deux années record en 2022 et 2023, le secteur des transports a connu, en 2024, un ajustement, avec des investissements qui se sont stabilisés à 1,2 milliard d’euros levés (- 38 % par rapport  à 2023), un niveau toujours supérieur à la période pré-2022. Si le nombre total de transactions a diminué de - 31 % (versus 2023), le secteur est resté parmi les plus financés. L’Île-de-France a concentré  57 % des montants levés. Distancée par la Nouvelle-Aquitaine en 2024, la région Auvergne-Rhône-Alpes reste la deuxième collectivité en cumul de montants levés depuis 2015. En parallèle, l’Occitanie et la Bretagne ont également réalisé des performances remarquables.

La contraction de l'écosystème des transports français n’est pas plus importante que celle de l’écosystème des transports européen (- 38 % versus - 39 %, en valeur). La France a par ailleurs conforté sa place de deuxième écosystème européen pour les transports : elle est restée devant l'Allemagne et derrière le Royaume-Uni, toujours leader.

En comparaison, en 2024, le secteur de la mobilité a mieux résisté que celui des transports : les montants levés ont légèrement augmenté en valeur (+ 6  %), malgré une baisse du nombre de transactions. Le secteur a été porté par plusieurs levées exceptionnelles en late stage.

Ce ralentissement s’explique par un contexte économique, politique et réglementaire incertain (en France comme en Europe), combiné aux défis des startups industrielles, à la maturité de certains segments qui vont se “financer” auprès d’autres acteurs et à la fin du cycle d’innovation lié aux nouvelles mobilités. Nous sommes néanmoins convaincus que les perspectives du secteur sont très positives, portées par l'IA qui trouvera dans la mobilité un beau terrain de jeu, la décarbonation, qui reste un objectif partagé par tous et les enjeux de souveraineté, qui favorisent les startups industrielles et deep tech” souligne Clément Guillemot, Directeur des programmes startups de Via ID.

Un marché qui se restructure

L’analyse des levées de fonds en 2024 a révélé des évolutions différentes selon le niveau de maturité des startups.

Dans le secteur des transports, les levées early stage (≤ 15M€) et growth stage (15–40M€) ont reculé respectivement de - 33 et - 17 % en valeur. Le volume de transactions a également diminué, mais l’activité est tout de même restée significative, traduisant un intérêt toujours présent pour les jeunes projets, malgré un contexte plus exigeant. Les startups late stage (> 40M€) ont affiché une baisse de - 44 % en montants levés, tandis que le nombre d’opérations s’est maintenu au niveau de 2023, illustrant une concentration des financements sur des acteurs solides.

Du côté des startups de la mobilité, les levées early stage sont revenues, en valeur, à leur niveau de 2019, avec un volume de transactions certes en baisse par rapport à 2023 mais relativement stable. Le growth stage est le plus affecté, avec des baisses de - 59 % en valeur et - 57 % en volume, confirmant les difficultés pour les startups à franchir le cap du changement d’échelle. À l’inverse, le late stage a enregistré une progression notable de + 68 % (en valeur) grâce à plusieurs levées de fonds dépassant les 100M€, signe de la maturité croissante de l’écosystème et de l’attractivité des projets les plus structurants.

Bpifrance et EIT Urban Mobility sont restés les premiers investisseurs, confirmant leur engagement envers les startups des secteurs des transports et de la mobilité. “Bien que le nombre de transactions ait, globalement, reculé, les montants investis sont restés conséquents, illustrant une stratégie plus sélective des investisseurs. Ces derniers semblent être encore plus exigeants et rechercher des projets plus proches d'un chemin de rentabilité” explique Olivier Hanoulle, Associé - Automobile chez Roland Berger.

Électrification, circularité, micro-mobilités : les piliers d’un écosystème en recomposition

Comme depuis plusieurs années déjà, l'électrification des transports est restée au centre des préoccupations. Pour autant, ce segment tend à devenir mature : ainsi, les investissements, en 2024, se sont concentrés sur les infrastructures de recharge électrique (ou d’avitaillement en hydrogène), pour accompagner le développement des véhicules concernés. “L’électrification des transports reste un axe structurant. En 2024, les investissements se sont concentrés sur les infrastructures de recharge, indispensables pour accompagner le déploiement des véhicules électriques et à hydrogène. 2025 est une année charnière, car il faut désormais accompagner le changement d’habitude et stimuler la demande de véhicules électriques pour réussir cette transition" estime Julie Sadaka-Entringer, Directrice du Pôle Solutions de Mobilité et Responsable du Moove Lab chez MOBILIANS.

Parallèlement, le segment de l’économie circulaire a fait preuve de résilience, dans un contexte global de contraction du marché. Si le montant total levé recule, le nombre de levées progresse, quant à lui, légèrement. Porté par des enjeux réglementaires, environnementaux et industriels, ce segment reste nécessaire à la transformation durable de la mobilité.

Enfin, les levées de fonds du segment des micro-mobilités ont enregistré une deuxième année de contraction (- 54 %), mais le early stage s’en est mieux sorti (- 26 %) avec un nombre de levées quasi stable, ce qui pourrait indiquer une dynamique entrepreneuriale toujours présente. À long terme, la tendance est restée haussière si l’on exclut les années exceptionnelles de 2022 et 2023 marquées par un boom du vélo post-Covid.

L’essor de l’intelligence artificielle, appliquée à la mobilité et aux transports, ouvrira sans doute de nouvelles perspectives dans les prochains mois. Si aucun financement majeur n’a encore été enregistré dans ce domaine en 2024, le sujet suscite un fort intérêt et devrait rapidement émerger dans les levées de fonds à venir.

Lien vers l’Observatoire complet
Il comporte, à la fin, un mapping de toutes les startups françaises des secteurs des transports et de la mobilité.

A propos du Moove Lab :

Né de la rencontre entre Mobilians et Via ID, le Moove Lab a pour mission d’accélérer le développement des startups de la mobilité. Il offre pendant 6 mois un accompagnement sur mesure par une équipe d’experts et des opportunités de collaboration avec ses partenaires leaders de la mobilité. Le tout à Station F, le plus grand campus de startup au monde situé à Paris. Depuis 2017 plus de 120 startups de la mobilité et de l'autotech ont été accélérées par le programme. Le Moove Lab est soutenu par des partenaires de premier plan : BMW Group France, EDF, Roole, Bessé Motors, EIT Urban Mobility, bee2link, BCA Expertise, Opteven, ANFA, OPCO Mobilités et NextMove.

 

A propos de Roland Berger :

Fondé en 1967, Roland Berger est le premier cabinet de conseil de directions générales d’origine européenne et à l'ancrage international. Implanté en France depuis 1990, le bureau de Paris avec plus de 300 collaborateurs, conseille les plus grandes entreprises internationales ainsi que des institutions publiques, sur l’ensemble de leurs problématiques, du conseil stratégique à la mise en œuvre opérationnelle. Avec la conviction que le monde a besoin d'un nouveau paradigme durable sur toute la chaîne de valeur des entreprises, il s’attache à proposer des solutions innovantes, avec une attention particulière portée à l’obtention de résultats concrets et mesurables.



Contacts presse :
Laure de Verdun, ldeverdun@mobilians.fr
Adrien Ayffre, aayffre@via-id.com