En ces temps incertains et instables où nous devons faire face à des équations que l’on pense insolubles tant des inconnues semblent s’y ajouter, il est important de se tourner vers l’avenir avec optimisme et sans doute une certaine forme de ferveur. Le pessimisme est d’humeur, alors que l’optimisme est de volonté ! De cette étincelle viennent les sursauts : oui, nous en sommes capables ! Nous devons également défier les images d’une France lasse et morose, comme stationnaire, et ressassant tout ce qui ne marche pas. Or, rien ne peut être accompli sans volonté ni hardiesse, nous le devons aussi à notre jeunesse.

Ce soir, votre présence nombreuse témoigne bien sûr de la vivacité et de la force de notre organisation, et je tiens à vous remercier tout particulièrement pour votre engagement. Nous représentons ensemble les intérêts d’un large secteur, 180.000 entreprises et plus de 560.000 emplois, un important tissu de TPE, PME et ETI qui irriguent nos territoires. J’ai une pensée toute particulière ce soir pour nos confrères ultra-marins, à Mayotte et en Nouvelle Calédonie, dont nous suivons l’évolution de la situation avec Bercy, auxquels je souhaite adresser un message de solidarité. Pensons aussi, en ce 7 janvier, au 10e anniversaire des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper-Casher. Notre esprit de résistance et de cohésion nationale doit primer : c’est une force vitale, un atout collectif et c’est cela que nous souhaitons incarner au sein de notre filière.

Ensemble, faisons gagner nos métiers et rayonner nos valeurs ! Nos 4 valeurs fondatrices, que sont la CONFIANCE, la PROXIMITE, le SENS DU SERVICE et le RESPECT.

Je vous invite à un retour en images sur la rétrospective 2024.

https://www.youtube.com/watch?v=nm3lYE4n74o

Comme vous l’avez sans doute ressenti dans cette rétrospective, nous sommes une maison fondée sur l'humain et l'enracinement. Ce sont des valeurs avec lesquelles il est impossible de tricher. Nous sommes authentiquement des entrepreneurs, c'est notre identité première, avec une passion de la mobilité, de la liberté de mouvement et de la technologie chevillée au corps.

Notre organisation est une valeur refuge, une boussole pour fixer des repères, qui tire sa légitimité de sa large représentativité. Nous pouvons être fiers d’être en première ligne pour servir nos entreprises : en 2024, le nombre de nos adhérents a encore progressé de 6%, nous avons visité plus de 13.000 entreprises partout en France, avons prodigué près de 55.000 consultations, et animé près de 400 réunions. La diversité des activités, en expansion, repousse toujours un peu plus les frontières de notre Branche professionnelle. La mobilité est un enjeu sans frontières.

C’est aussi à la faveur des crises que notre organisation s’exprime avec davantage d’intensité : favoriser une dynamique de filière, représenter les intérêts de nos entreprises, négocier les normes sociales de notre Branche. C’est au cours des tempêtes que MOBILIANS éprouve son enracinement, fort de 2000 élus représentant désormais 25 métiers de proximité au contact quotidien des Français, sur l’ensemble du cycle de vie du véhicule et pour toutes les formes de mobilités.

Une manufacture de confiance comme la nôtre est essentielle à la stabilité de notre démocratie. Alors que la politique est en faillite, nos organisations sont des espaces de confiance et de mouvement. Je dois saluer à ce titre l’engagement sans faille de nos administrateurs et chefs d’entreprises, mais également de nos 2.000 collaborateurs, qui animent au sein de l’ensemble des institutions de notre Branche un plan d’actions ambitieux pour rallumer les lumières de notre économie et tracer un chemin exigeant de progrès.

L’année écoulée a été marquée par une profonde instabilité et de grandes confusions. Elle a aussi été le théâtre d'initiatives exemplaires, et c’est avant tout cela que je veux retenir.

Le marché automobile a traversé et va continuer à traverser une période de transformations sans précédent en 2024. En dépit des multiples crises récentes – crise du Covid, crise des semi-conducteurs, conséquences de la guerre en Ukraine, envolée des prix des matières premières - notre secteur a jusqu’à présent fait preuve d'une résilience remarquable. Mais il est à bout, et il faut prendre garde à ne pas faire craquer des poutres de notre économie locale, des ETI à nos artisans trop accablés par la fiscalité, y compris locale, et par trop de complexités. On ne s’en sort pas !

Le niveau du marché automobile a été historiquement bas en 2024, avec un atterrissage à un peu plus de 1,7 millions de véhicules immatriculés, en baisse par rapport à 2023. Si nos entreprises ont investi massivement, nous assistons depuis 6 mois à une baisse constante des ventes de véhicules électriques. Les entreprises de la filière doivent s’adapter en un temps record à une trajectoire particulièrement ambitieuse, devant atteindre un quart de ventes de véhicules électriques en 2025.

Dans cette fuite en avant, n’oublions pas le client, particuliers et entreprises : ce sont eux qui font nos résultats !

Dans le même temps, tout s’accélère, avec la Chine, premier marché, premier producteur et premier exportateur, qui représente à elle seule 32% du marché automobile mondial. Pour être compétitif face à la Chine, il nous faudra du temps. Je tiens à remercier Jean-Pierre Raffarin pour sa présence parmi nous, et pour le partenariat que nous avons noué avec la Fondation Prospective et Innovation qu’il préside, contribuant à un meilleur dialogue avec ce géant du XXIe siècle qui, lui, s’est largement réveillé. Sa compétition doit nous stimuler. Une coopération solide passe par la culture, alors jouons aussi cet atout, car les droits de douane ne règleront pas tout, bien au contraire.

Pour favoriser la compétitivité et les investissements en France, face à cette concurrence toujours plus intense, il est urgent d’instaurer une nouvelle méthode, en apportant la visibilité et la stabilité nécessaire à une filière qui compte 1 million de salariés, en évaluant de manière systématique nos politiques publiques, et en adoptant une stratégie claire vis-à-vis de Bruxelles. Les conséquences de l’alourdissement des normes CAFE restent en effet difficiles à mesurer, tout comme le transfert de risques sur nos entreprises.

Nous ne devons surtout pas oublier le premier pilier qui est le socle du marché automobile : le consommateur, qui doit avant tout adhérer à ces évolutions. Si nos clients se tournent de plus en plus vers les véhicules électrifiés, imposer une solution unique présente de multiples risques. N’oublions pas que nos compatriotes recherchent des solutions de mobilité abordables, et ne comprennent pas les restrictions de circulation ni les contraintes qui entravent leur liberté de mouvement.

Si les ZFE se transforment en zones à forte exclusion, cela sera un échec grave, source de nouvelles fractures sociales et territoriales.

Nous devons agir de concert. Je tiens à remercier bien sûr la PFA avec laquelle nous avons co-construit le Contrat stratégique de la filière automobile pour la période 2024-2027, et déclinons un certain nombre d’actions depuis sa signature, à l’instar de l’étude menée en commun sur l’économie circulaire. Nous menons des travaux constructifs avec les constructeurs, pour trouver des solutions partagées par tous. Cela nécessite un travail rigoureux, à la fois basé sur l’écoute et le respect mutuel. J’en remercie tous les représentants. C’est aussi de cette façon que nous pouvons avancer de manière durable.

Le dialogue stratégique entre l’amont et l’aval de la filière est la pierre angulaire de notre réussite collective. Pour faire des bonds en avant, mieux vaut prendre appui sur ses deux jambes !

Pour relever le défi de la décarbonation, plus que jamais, constructeurs, équipementiers et professionnels des services de l’automobile, mais également plus largement opérateurs des transports et des mobilités, doivent construire des synergies. Nous avons ainsi bâti des coopérations étroites avec la FIEV, avec laquelle nous lançons une étude et des indicateurs sur l’après-vente automobile. Nous travaillons également en lien avec la CSIAM. Nous dialoguons enfin avec l’UTPF, pour favoriser des politiques d’intermodalité en lien avec les transports collectifs et les mobilités douces pour optimiser nos déplacements du quotidien.

C’est l’un des atouts, là encore, de l’OPCO Mobilité, que j’ai l’honneur de présider : jeter des passerelles entre nos secteurs et les projeter vers l’avenir grâce à une politique de formation plus transversale.

Pour réussir la transformation de notre marché, nous préconisons également une nouvelle méthode de travail avec le Gouvernement pour renforcer l’efficacité de notre stratégie nationale. Il est aujourd’hui urgent de redonner de la visibilité aux entreprises comme aux ménages, plutôt que de confiner le pays dans un attentisme général. Il fera le lit, si l’on n’y prend garde, de pertes d’activité, d’investissements, d’emplois et de recettes fiscales d’ici quelques mois.

Le fiscalisme d’atmosphère doit se dissiper, et le bonus de la croissance passe par l’initiative privée !

Enfin, cette dernière année, nous avons eu à cœur de développer des collaborations avec nos homologues européens. Depuis un an, nous avons élaboré un programme d’actions avec la ZDK, notre partenaire allemand, pour promouvoir nos positions à Bruxelles et favoriser un dialogue avec les institutions européennes alors qu’une nouvelle mandature de la Commission démarre. Nous avons étendu ce partenariat à nos autres homologues en Europe, tels que Traxio, la Bovag ou l’AECDR, pour être force de proposition, encore tout dernièrement, à la mi-décembre, lors de l’événement « Connect Europe » à Bruxelles. Cet événement a permis de rassembler près de 200 participants de toute l’Europe. Impact de la réglementation CAFE, déploiement des bornes de recharge, entretien du parc roulant, transformation des compétences ou accès aux données des véhicules font partie des dossiers prioritaires. Je tiens à remercier très chaleureusement nos partenaires européens qui sont parmi nous ce soir.

Dans le dialogue stratégique promis par la Présidente de la Commission, il faudra compter sur la participation active de tous. C’est le message transmis par Xavier Horent au Commissaire européen chargé des Transports, et qu’il transmettra demain à Stéphane Séjourné, notre Commissaire en charge de la Stratégie industrielle.

L'engagement de notre filière dans la décarbonation est sans équivoque. L'étude menée avec Carbone 4 et Ekodev au cours des derniers mois a permis d'identifier des leviers concrets pour réduire l'empreinte carbone de nos activités. Nous avons fait de l’économie circulaire une priorité, en renforçant notre pôle de compétences et en intégrant de nouveaux métiers ces dernières années, à l’instar du rétrofit et du remanufacturing. Cette dynamique nous permet de travailler de façon approfondie et surtout en réseaux. Nous avons également recruté de nouvelles compétences en interne, que ce soit sur la RSE ou les affaires européennes.

La décarbonation de l’automobile et des mobilités est un enjeu central, pour répondre à l'objectif européen de neutralité carbone d'ici 2050. Nos métiers travaillent en ce sens à bâtir une véritable stratégie, permettant de réussir la transition des mobilités sur un plan tant écologique, que territorial et social. Nous avons réformé d’ailleurs notre gouvernance, en instaurant un « Comité des parties prenantes » pour échanger sur les enjeux de prospective pour notre filière et dialoguer tant avec les opérateurs économiques que les associations environnementales et de consommateurs.

De nouveaux métiers ont également rejoint MOBILIANS pour opérer des synergies: les opérateurs de bornes de recharge, tout d’abord, mais aussi les micro-véhicules électriques des catégories L6 et L7e. Nous lançons officiellement la semaine prochaine le 25e métier consacré aux « micro-mobilités ». Au total, c’est tout un écosystème qui a compris que les compétences, l’innovation et la coopération en réseaux permettent de transformer la mobilité plus sûrement et efficacement que des visions trop verticales.

Les startups de notre écosystème, que nous accélérons au Moove Lab à Station F, en collaboration avec Via ID depuis 2017, sont un levier extraordinaire d’innovations en faveur de la mobilité décarbonée. Solutions alternatives au véhicule individuel, innovations basées sur l’Intelligence Artificielle, services de véhicule autonome, batteries de seconde vie, … ce sont autant d’innovations qui permettent de construire la mobilité de demain.

Nous avons lancé le 13e batch il y a quelques semaines, et, depuis 2017, ce sont 1 millier de startups challengées et plus de 125 startups accélérées, ayant levé près de 200 millions d’Euros, alors que des coopérations inédites se développent au plan européen, à l’instar d’EIT Urban Mobility, et des fonds à impact tels que Shift4Good.

Merci à tous, c’est fantastique !

Nous avons plus que jamais besoin de rassembler nos chefs d’entreprises pour partager ces nouvelles tendances, décrypter les évolutions du secteur et leurs impacts opérationnels, rencontrer les acteurs qui font et rendent possible cette transformation. MOBILIANS entend aussi peser dans le débat public et incarner la vitalité de la filière. C’est dans cet objectif que nous organisons un grand événement en juin 2026, en partenariat avec Infopro Digital, rassemblant l’ensemble des acteurs des services de l’automobile, prenant la forme d’un salon sur les innovations et un forum sur les grandes thématiques du débat public.

Cet événement, qui s’intitule « mOOve On », est sur sa rampe de lancement, nous vous communiquerons les modalités plus précises de ce nouveau grand rendez-vous.

Pour amplifier notre soutien en faveur d’une mobilité durable et responsable, au service de l’intérêt général, nous avons lancé en 2023 un fonds de dotation baptisé « MOVOM », et présidé par Eric Girard, que je remercie pour son dévouement. Ce fonds soutient des projets porteurs de sens, et je suis particulièrement fier de saluer nos donateurs, qu’ils soient des entreprises ou des particuliers, que seule leur discrétion m’oblige à ne pas citer ce soir.

Certains d'entre eux sont parmi nous, je tiens à leur exprimer notre profonde gratitude.

Votre générosité démontre qu’ensemble, nous pouvons partager une même ferveur, cette étincelle qui peut tout rallumer.

Des premiers projets ambitieux sont sur les rails, dont « Les Garages Ecoles ». Des sociétés du secteur automobile, Motul, Norauto et Club Identicar, se sont mobilisées avec la Fédération Nationale des Écoles de Production. Leur objectif est de soutenir les jeunes âgés de 15 à 18 ans, notamment ceux qui se trouvent en situation de fragilité scolaire. Avec le soutien de MOVOM, nous souhaitons inventer de nouvelles coopérations au service de l’intérêt général.

Nous vous ouvrons grand les portes si vous souhaitez devenir mécène à votre tour et participer à la dynamique de MOVOM sur des projets de mobilité responsable. Plus généralement, je tiens à saluer l’ensemble des partenaires qui nous soutiennent tout au long de l’année pour pouvoir mener à bien nos actions. C’est une grande et solide communauté d’intérêts, et surtout de valeurs. Merci !

L'avenir de notre secteur repose bien sûr sur la jeunesse et les talents. Avec plus de 70.000 jeunes formés chaque année dans nos métiers, nous avons battu des records. La branche des Services de l’Automobile mène une démarche exemplaire depuis de nombreuses années en faveur des jeunes, sans oublier les seniors, et notamment en matière d’alternance, permettant de répondre aux besoins des professionnels de la Branche.

Sous la direction de Mobilians et de nos partenaires sociaux, l’ensemble des acteurs de la formation – que ce soit l’ANFA, IRP AUTO, l’OPCO Mobilités, ou des acteurs d’excellence tels que le GNFA, le GARAC et l’INCM – portent des dispositifs d’insertion dans l’emploi, mais également en faveur du handicap et de la mixité. Les effectifs de jeunes en formation ont progressé à la rentrée précédente de 4%, avec une hausse constante de l’alternance depuis 9 années consécutives. Des campagnes de communication ont été largement diffusées, à l’instar d’« Un Monde à faire tourner », pour promouvoir l’attractivité de nos métiers.

Nous fêterons le 10e anniversaire de la « Semaine des Services de l’Automobile et de la Mobilité », en février prochain. 20.000 postes sont à pourvoir, comme le savent de très nombreux DRH et DAF qui travaillent désormais en totale interaction avec Mobilians.

Notre Branche était également présente en septembre dernier pour encourager nos talentueux candidats tout au long de l’aventure exceptionnelle de la compétition mondiale des métiers « WorldSkills » à Lyon. Je tenais à saluer les lauréats qui s’y sont distingués : Ronan LE TUTOUR, pour la peinture automobile ; Enzo VAUQUELIN, pour la tôlerie-carrosserie ; Dimitri ANGLY, pour la technologie automobile ; Romain LE ROUX, pour la technologie des véhicules industriels. Ce sont des professionnels qui incarnent, par leur excellence, nos valeurs.

J’ai commencé par citer la « Génération Mobilians ». Car prévoir et transmettre est essentiel, ce qui permet de distinguer les politiciens de nos hommes d’Etat. Les premiers pensent à la prochaine élection, les seconds pensent à la prochaine génération. Ce sont eux qu’il faut soutenir, particulièrement maintenant !

Et c’est ce que nous dirons au cours des nombreuses audiences programmées avec le Gouvernement au cours des prochaines semaines : il faut bien sûr un budget au pays, mais il faut surtout du courage, de la volonté et une ligne claire, pour l’automobile.

Cessons de perdre du temps !

Cette énergie, c’est notre moteur pour cette année 2025 ! Nous attendons des textes, nous attendons surtout de l’action !

Ce sont les Grecs qui nous ont légué le plus beau mot de notre langue : le mot "enthousiasme" - du grec “en théo”, “un Dieu intérieur” : « La vraie générosité envers l'avenir, disait Camus, consiste à tout donner au présent. ». C’est la meilleure manière de s’emparer de notre futur.

Mes amis, soyons enthousiastes et généreux ! Cap sur 2025 !

J’ai le plaisir de transmettre la parole à notre ancien Premier Ministre, Jean-Pierre Raffarin.